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mercredi 29 juillet 2009

Quand viennent les musiciens

Texte écrit pendant l'Auberge Espagnole du 12/7/09 à la Maison Rabelais de Metz.

Consigne pour l'écriture :
Tout est dans le titre...

« Ils arrivent ! Ils arrivent ! »

Le petit garçon dévale la rue grise et bruyante précédé de sa voix aigrelette.

« Ils arrivent ! »

Lentement, les gens sortent de chez eux, de leurs échoppes noyées de bruit. Lentement, leurs visages s’éclairent. Une vielle dame se hâte autant qu’elle peut, s’appuyant sur sa canne grinçante. Sa voix rouillée reprend l’appel du garçon, tentant de couvrir le vacarme habituel :

« Ils arrivent ! Ils arrivent ! »

Lentement, le tintamarre de la ville s’estompe. Les moteurs rageurs se taisent. Dans mille claquements dissonants, les outils sont jetés sur les établis. Bientôt tous sont dans la rue pour accueillir les musiciens. Le silence semble approcher physiquement.

Ils entrent sur la place en file indienne. Leur visage radieux précède les instruments qu’ils portent sur le dos. En quelques instants, comme un ensemble, ils sont prêts, instruments au bras.

L’un d’eux dépose une petite boîte noire sur le sol. Il l’ouvre avec précaution et en sort un tout petit diapason argenté. La foule retient son souffle et le silence devient palpable.
D’une pichenette, l’homme fait sonner son instrument. La seconde qui suit s’empli de musiques. Une pour chacun et pourtant la même pour tous, harmonieuse et apaisante. Le jour se fait dans les yeux, les nuages se dissipent dans les esprits.

Au bout d’un moment qui parait à tous bien trop court, la musique s’éteint. Les musiciens rangent leurs instruments et, en file indienne, quittent la ville dans un silence doux.

Chacun retourne à son échoppe ou à son banc, emportant quelques notes avec lui. Les outils reprennent leur ballet, cette fois accordés. Les moteurs ronronnent. La ville toute entière chante, au moins pour quelques temps. Quand ce sera de nouveau l’heure, les musiciens reviendront.

lundi 4 mai 2009

De quand... la musique

Texte issu de l’atelier d’écriture de La Houlette (là aussi),
le 4 mai 2009.

Consigne pour l'écriture :
Sur le modèle « les chaussures de quand il fait froid », élaborer un contexte.

La musique de quand je veux voler, c’est Ella, Jimi ou Jacques. Avec ou sans décibels, j’aime ces moments beaux, ces sons-sations, cette impression de perdre pied. Décollage immédiat de la crasse qui alourdit le cœur, allumage des feux de liesse au fond des yeux, navigation à vue de partition

« Ô capitaine mon capitaine, où volons-nous ? »
Qu’importe ! On verra au prochain couplet, au prochain morceau. Qui sait, on volera peut-être jusqu’à la Lune si c’est la musique de quand je serai amoureux...

dimanche 22 février 2009

Couplet du jour : Summertime


...One of these mornings
You’re goin’ to rise up singing
Then you’ll spread your wings
And you’ll take to the sky...

Gershwin - Ella Fitzerald - Summertime

A écouter là : http://www.deezer.com/music/result/summertime

Sans oublier les versions de Billie Holiday et de Janis Joplin.

Indications thérapeutique :
Manques de chaleur ou de douceur. Oreilles agressées.

Posologie et mode d’administration :
Prise auditive à renouveler autant que nécessaire.

Effets secondaires notoires :
Dépendance rapide. Envie de voyage à la Nouvelle Orléans.

lundi 29 octobre 2007

Gueule de bois

Quel mal de tête après ce shoot... Merci boeing pour le 747 qui décolle mon lobe frontal.

Suis couvert à la fois de sueur et de chair de poule. Tous mes muscles, même ceux que je n'ai pas, convulsent de fatigue. Nom d'un petit bonhomme en mousse, ces trips me retournent tellement que je ne sais plus qui je suis ni dans quel état j'erre. Et puis j'ai la gorge en feu, je boirais bien un grand truc frais. Et voilà que mes oreilles se mettent à bourdonner chacune de leur côté. Même pas synchro.

Mais comment est-ce possible de se sentir si mal après un tel moment de pure extase ? J'ai l'impression d'avoir quitté mon corps, traversé le ciel et touché Jimmi du doigt. Puis retour à la terre ferme en mode chute libre sans parachute. Coyote, si tu me lis.

Si seulement je pouvais reprendre mon souffle. Wow, et j'ai un regard de dingue dans le rétro. Pupilles ébouriffées et cheveux dilatés façon Jim Morrisson.

Bon, cette fois, c'est promis. Demain j'arrête. Finis Ces gens-là et Amsterdam dans la voiture...

dimanche 16 septembre 2007

Sacrée musique... Classique ou gospel ?

Divine surprise cet après midi à la Cathédrale Saint Etienne de Metz : un concert de musique classique. Le genre de moment qui laisse votre corps comme piétiné par un troupeau d’éléphants et votre cœur miraculeusement intact, gonflé de joie et prêt à toucher le ciel. Le cadre extraordinaire ajoute au plaisir. Le piment de la spiritualité ?

La musique classique me fait toujours cet effet une fois dépassé le côté un peu hautain. L’alchimie qui se créée à partir de tous ces instruments. Pas de batterie pour donner le rythme. Pas de paroles qui tirent des larmes. Et pourtant cette musique vous envole si haut et si fort ! L’intensité qui monte, descend comme la mer. On se prend à rattraper son souffle, envolé avec une des voix du chœur ! On se découvre un sourire béat au lèvres et la chair de poulpe sur tout le corps.

L’émotion est différente avec le Gospel. L’intensité est là aussi. Une joie saisissante, envahissante, renversante. On se sent proche, prêt à attraper les mains de ses voisins et à participer au chant, à plonger dans cet océan d’énergie. Du rythme, des mots simples et directs. De quoi être touché au cœur.

Ces deux musiques ont en commun une inspiration religieuse à laquelle je n’aspire pas totalement. Cela n’empêche aucun de ces styles de faire vibrer les cordes parmi les plus profondes en moi. Alors, lequel préférer ? Les deux mon capitaine. Classique et Gospel expriment une émotion, une dévotion et un respect profonds pour leur source d’inspiration. Alors pourquoi préférer ? Autant partager...

D’autant plus que tout ça me donne envie de découvrir comment les autres traditions expriment leur dévotion. Quels sont les chants musulmans ? Juifs ? Hindous ? Toutes les religions utilisent-elles la musique pour communiquer et ressentir leur foi ? Si vous avez des pistes, laissez les en commentaires. Je les suivrai jusqu’au bout de la partition...

mercredi 5 septembre 2007

Idée de réincarnation n°2, la contrebasse de Babayaga

Pour ma prochaine vie, j’hésite entre le corps d’un chat et une contrebasse. Pas n’importe laquelle, en fait. Seulement celle du groupe Babayaga.

Aaaah des heures de répétitions, des nuits de concerts endiablés entre ses bras ! Je renoncerai à tous les grat-grat derrière l’oreille pour la caresse de ses doigts sur mes cordes. J’oublierai mes boîtes de ronron pour vibrer au son de sa voix. Je renierai le pull préféré de mon maître pour faire écho à son rire !

Au-delà du charme des musiciennes (et aussi du musicien mais pas pareil), comment ne pas succomber à cette musique entraînante ? Toute l’ivresse des influences tziganes, Yiddish et du swing concentrée dans une potion magique à effet instantané. Tour à tour complainte et java, swing amerloque et chanson française d’avant, leur musique s’offre aussi des détours par les pays chauds. Sans oublier une présence scénique joyeuse et une histoire déjantée de sorcière (amoureuse et pas si vénéneuse) comme fil conducteur électrique.

Après ce concert vendredi dernier à Vaux, j’userai le CD jusqu’au prochain, fin octobre...