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jeudi 3 décembre 2009

D’autres choses qui tournent

Texte issu de l’atelier d’écriture de La Houlette (là aussi),
le 30 novembre 2009.

Consigne pour l'écriture :
Faire un inventaire de choses qui tournent en donnant un rapide contexte.


Un petit mobile en bois avec une hélice sous laquelle brûlent trois bougies rouges. La chaleur qui monte entraine les pales dans un léger grincement.

Une petite balle mauve qui tourne et roule, essayant d’échapper à deux billes dorées : au ras du sol, tendu comme un arc, le fauve d’appartement s’apprête à bondir.

L’amoureux tourne en rond, au même rythme que les aiguilles de l’horloge qui trainent leur ennui.
La clé puis la poignée tournent pour mettre fin au manque.

Les têtes tournent, attachées l’une à l’autre par un baiser aussi fou que doux.

Mais l’heure tourne aussi, il est trop tôt temps de s’en retourner.

mercredi 29 juillet 2009

Quand viennent les musiciens

Texte écrit pendant l'Auberge Espagnole du 12/7/09 à la Maison Rabelais de Metz.

Consigne pour l'écriture :
Tout est dans le titre...

« Ils arrivent ! Ils arrivent ! »

Le petit garçon dévale la rue grise et bruyante précédé de sa voix aigrelette.

« Ils arrivent ! »

Lentement, les gens sortent de chez eux, de leurs échoppes noyées de bruit. Lentement, leurs visages s’éclairent. Une vielle dame se hâte autant qu’elle peut, s’appuyant sur sa canne grinçante. Sa voix rouillée reprend l’appel du garçon, tentant de couvrir le vacarme habituel :

« Ils arrivent ! Ils arrivent ! »

Lentement, le tintamarre de la ville s’estompe. Les moteurs rageurs se taisent. Dans mille claquements dissonants, les outils sont jetés sur les établis. Bientôt tous sont dans la rue pour accueillir les musiciens. Le silence semble approcher physiquement.

Ils entrent sur la place en file indienne. Leur visage radieux précède les instruments qu’ils portent sur le dos. En quelques instants, comme un ensemble, ils sont prêts, instruments au bras.

L’un d’eux dépose une petite boîte noire sur le sol. Il l’ouvre avec précaution et en sort un tout petit diapason argenté. La foule retient son souffle et le silence devient palpable.
D’une pichenette, l’homme fait sonner son instrument. La seconde qui suit s’empli de musiques. Une pour chacun et pourtant la même pour tous, harmonieuse et apaisante. Le jour se fait dans les yeux, les nuages se dissipent dans les esprits.

Au bout d’un moment qui parait à tous bien trop court, la musique s’éteint. Les musiciens rangent leurs instruments et, en file indienne, quittent la ville dans un silence doux.

Chacun retourne à son échoppe ou à son banc, emportant quelques notes avec lui. Les outils reprennent leur ballet, cette fois accordés. Les moteurs ronronnent. La ville toute entière chante, au moins pour quelques temps. Quand ce sera de nouveau l’heure, les musiciens reviendront.

lundi 4 mai 2009

Tout ce qu'on peut faire en 30 minutes

Texte issu de l’atelier d’écriture de La Houlette (là aussi),
le 4 mai 2009.

Consigne pour l'écriture :
Tout est dans le titre...

Que faire en une demie heure ?
S'efforcer de ne rien faire.
Faire l'effort de ne pas compter le temps, ce serait trop facile.
Juste contempler le silence et admirer le vide.
Se faire violence pour ne pas se combler de souvenirs.
S'accorder la douceur d'être sans repère, sans point d'attache.
Être simplement une âme sans cible errant le long du temps.
Une demie heure pour pleinement vivre le reste d'une vie.

lundi 18 août 2008

Ere de repos festive en Belgique

Court moment mais grand bol d’air vrai en Belgique un week-end de 15 août. L’air de rien, tout y était : nouvelles saveurs, nouvelles douceurs, nouvelles humeurs.

Sur un aire de guitare(s)
S’inspirer d’un air de guitare pour souffler les douleurs au loin et retrouver ses couleurs. Le temps d’un souffle, capturer des rires et des sourires en plusieurs centaines d’instantanés sauvegardés pour longtemps dans ma petite tête et sur clé USB.

Coloré et goûteux...
Aérer ses papilles avec des produits locaux. Découvrir que sur l’échelle du goût des frittes, il existe une extrémité à l’autre bout de macdo. Goûter à l’aveugle des liquides colorés sans abuser. S’alléger avec quelques bulles locales et fraîches.

Finir d’errer, retrouver son souffle et se retrouver en excellente compagnie. Y perdre son latin pour apprendre le Belge. Refaire le monde avec tous les accents de bonne volonté. Découvrir des aires de ressemblance et voir un instant le monde en bleu au travers d’un autre regard.

En un mot comment encens, partager du bonheur avec de nouveaux amis...

lundi 30 juin 2008

Petits exemples d’infinis

  • Le temps qui s’écoule entre 2 billets sur ce blog
  • Le nombre de poils qu’un chat peut perdre sur un canapé
  • L’irrespect d’un certain nombre d’automobilistes de l’A31 qui prennent joyeusement la voie pour véhicules lents
  • La dose de zen qu’il faut pour ne pas descendre de sa voiture embouteillée et calmement, consciencieusement, jeter des pierres au passage de ces indélicat(e)s
  • L’intensité qui monte en moi quand j’approche une étoile particulière si précieuse, si unique
  • Le nombre de secondes qui se traînent en attendant que le cœur se remette à battre après "mais..."
  • Le doute qui assagit une étoile trop longtemps privée de l’admiration d’un astronhomme fou
  • L’étendue de ma patience avant la prochaine conjonction stellaire parfaite
  • L’énergie que je déploierai pour faire tourner le ciel jusqu’à rapprocher et réchauffer celle qui éclipse toutes les constellations.

On dit en mathématiques que certains infinis sont plus grands que d’autres*. Nous verrons bien si ça s’applique à la vie en général. En particulier quand j’ai mon petit mot à dire :o) .



*il y a plus de place dans un volume que dans une surface.

vendredi 21 mars 2008

L'imparfaite idéale

L’imparfaite idéale se conjugue à tous les temps. Ouvrez votre corps et écoutez-la...

J’étais autre,
J’ai été le rêve d’un autre,
Je suis celle que je suis,
Je serai faite de mes rêves,
Je pourrais être ton rêve,
Sois le mien.


Si la perfection n’est pas de ce monde, où l’imparfaite idéale se cache-t-Elle ? Dans quel rêve, dans quelle vie ? Me faudra-t-il l’inventer ? Me contenter de l’imaginer ?
Non, tout rêveur que je suis, j’ai bel et bien besoin de mes sens... Impossible de brûler sans mes sens !
Reste donc la patience. Science de l’attente que l’expérience adoucit. Gardons l’âme ouverte, Elle passera bien par ici...

samedi 15 mars 2008

Être envie

C’est la fin de mon hiver, revoilà l’envie. Cette partie de moi qui s’était un peu cachée ces derniers temps et qui pourtant me meut.

D’abord l’envie d’écrire. Celle d’inventer, de m’inventer encore.
Ensuite l’envie de sentir. Déguster, humer, écouter, caresser des yeux, voir avec les mains, pressentir des douceurs à venir. Polysthésie intégrale, folie des sens uniques.
Surtout l’envie de chercher, de découvrir une autre âme. S’offrir, fondre des bouts de soi pour en faire tout un plat.

Un de ces banquets qui durent quelques éternités. Amuse-bouche salés, petits plats sans résistance, desserts délicats. Le tout arrosé d’un vin de folie, d’une eau pétillante et rafraîchissante.

Mais avec l’envie revient sa petite sœur. L’envie avec un tout petit « e ». Cette petite démangeaison qui vous pince méchamment le cœur quand vous contemplez un bonheur qui n’est pas vôtre. Heureusement, les années vous offrent les armes pour la combattre et la ramener à une de ces petites faiblesses qu’on peut ranger au fond de sa poche.

Reste cette magie qui tire le cœur vers le ciel, qui serre la poitrine mais vous charge d’énergie. De quoi explorer le monde et se laisser conquérir !

vendredi 26 octobre 2007

Plongée en eau claire

L'eau ne semblait pas froide au premier abord. Ce fut donc l'heure de s'offrir à elle.

Le torrent m'accueille dans un éclat clair et m'enveloppe tout entier. Tous mes sens sont assaillis. Une onde de douceur caresse mon corps. Des formes voluptueuses dansent devant mon visage. Un souffle chaud et rieur chante à mes oreilles. Un goût presque oublié se répand sur ma langue tandis qu'un musc adorable envahit mes narines. Un frisson prédit en moi une suite délicieuse.

La rivière me porte sans effort, m'accompagne, semble sensible à mes envies. Indomptable, impossible à endiguer, elle ne me brise pas pour autant. Nos volontés semblent accordées, nos désirs synchrones.

Aussi loin que porte ma vue, pas de fin à ce fleuve. Où va-t-il ?

vendredi 10 août 2007

Métempsycose relationnelle

Partir c'est mourir un peu. On ne quitte pas que l’autre, on laisse aussi derrière soi ce que l’on avait investi dans le « nous ». Ces bouts de soi offerts, fusionnés, synergisés. Ce que l’on avait accepté en soi, intégré, ce sur quoi on avait pris l’habitude de s’appuyer.

Cette petite mort conduit à un passage plus ou moins long dans l’intermonde. Un carrefour des possibles. Quel chemin prendre ? Où puiser la force ?

Puis viendra la renaissance, en plusieurs étapes. D’abord seul comme un enfant inconscient de ceux qui l’entourent. Là se reconstruit l’enveloppe la plus bassement physique : le chez-moi, le quotidien, le relationnel.

Ensuite viendra la réincarnation. Revivre dans des yeux, dans une voix, dans un souffle court. Croquer, renaître dans une chair qui s’offre mais qui n’est pas sienne. Puiser dans le soi et dans l’Elle la force de s’envoler vers le nous. S’offrir sans se perdre, en conservant ces particules qui font de nous ce que nous sommes et que l’Autre recherche en nous.

Cette nouvelle vie sera-t-elle aussi éphémère que les précédentes ? Sera-t-elle celle du Nirvāna, l’illumination bouddhique qui fait cesser le cycle des réincarnations ? Choisirai-je ce chemin ? Celui du renoncement des désirs, ou bien celui de la Vie éternelle, ou encore celui des renaissances sans plus de faim ni fin quitte à sombrer dans le recyclage ?

dimanche 15 juillet 2007

Lever le nez pour voir les étoiles

Vision magique hier soir d’une comète noisette... Etoile filante mystérieuse, dont on ne sait pas si le cœur est brûlant ou glacé. Seule la douceur de ses radiations en laisse présager la substance.

Des calculs sont en cours pour évaluer la date de son prochain passage. L’instant est éphémerveilleux. On aimerait le figer dans son souvenir pour en garder l’image et la sensation à vie.

Les étoiles sont-elles plus belles parce qu’inaccessibles ?

jeudi 26 janvier 2006

Découverte

Voyage en terrain connu au pays des monts et des merveilles, des creux et des sillons... Contrée de passions aux fruits défendus par quelques voiles. D’un souffle, d’un mot ils s’envolent et dévoilent leurs mystères. Là commence la douce promenade dans le jardin des lisses... Douces vallées de soie bordées de collines aux pentes délicates, prairies sans fleurs mais étendues à perte de vue, à en perdre le souffle.

Puis, comme poussé par le souffle de quelque déesse, le voyage se poursuit sous les tropiques. De flânerie il devient exploration émerveillée saturant tous les sens. Alors l’atmosphère se charge de parfums lourds et enivrants. Chaleur et tension se muent en orage rauque. Au loin on devine le tam-tam d’un tambour fou. Il s’emballe. Il se mêle à la plainte du vent. Tonnerre !

Enfin passe la tempête. Les vagues retrouvent leur mesure et s’étirent sur la plage dans un soupir bienheureux. Quiétude... Je reviendrai me perdre, m’enivrer et revivre dans ce monde accueillant. Bientôt...

Ecrit et publié à l'origine le 26/1/2006 sur LiveSpaces