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dimanche 21 juin 2009

Ne pas oublier...

Texte issu de l’atelier d’écriture de La Houlette (là aussi),
le 18 mai 2009.

Consigne pour l'écriture :
La liste des choses à ne pas oublier. Inclure les objets suivants: gomme, catapulte, cactus, ornithorynque.

Ne pas oublier de ranger ma gomme et mon ornithorynque en peluche,
Ne pas oublier de mettre le réveil,
Ne pas oublier d'arroser mon cactus,
Ne pas oublier d'allumer la veilleuse,
Ne pas oublier de fermer les volets,
Ne pas oublier le bol de fruits pour la fée,
Ne pas oublier de mettre la chaise devant le grand placard,
Ne pas oublier de préparer la catapulte devant le petit placard,
Ne pas oublier de regarder sous le lit,
Ne pas oublier de remonter la couverture jusque sous mon menton,
Ne pas oublier de fermer les yeux très fort,
Ne pas oublier que je ne peux pas sentir ce froid,
Ne pas oublier que je ne peux pas entendre ce bruit,
Ne pas oublier que je ne peux pas entendre ce crissement,
Ne pas oublier que je ne peux pas entendre ce feulement,
Ne pas oublier que je ne peux pas sentir cette odeur de faim,
Ne pas oublier que je ne peux pas sentir ce souffle brûlant,
Ne pas oublier que mes parents m'aiment,
Ne pas oublier que je vais me réveiller demain.

mardi 24 mars 2009

Ornières, d'après Arthur Rimbaud

Texte issu de l’atelier d’écriture de La Houlette (là aussi),
le 23 mars 2009.

Consigne pour l'écriture :
S'inspirer du poème Ornières de Rimbaud et décrire un lieu, un cortège.


A droite, les soleils se lèvent et brûlent le désert rouge. A Gauche, le bord vitrifié du cratère s’illumine et surligne le bandeau sombre et lisse de la route.

Tintamarre de cauchemar, défilé mécanique ! Luisants ou mats, à roue, pattes ou chenilles, les machines avancent en cliquetant un air guilleret. Le long cortège de formes humanoïdes, arachnoïdes ou patatoïdes accompagne bruyamment une boîte de bois. Petite et plate, elle renferme quelques paquets de carbone, hydrogène, oxygène et divers sels minéraux. Les pauvres restes du dernier représentant de ceux qui se croyaient l’espèce dominante ici-bas.

dimanche 22 mars 2009

L'immeuble fou (tous les étages)

Texte issu de l’atelier d’écriture de La Houlette (là aussi),
le 9 mars 2009.

Consigne pour l'écriture :
Un immeuble fou, idéal. Chaque étage est occupé (ou pas) et une plaque décrit les occupants à la sortie de l’ascenseur














9(terrasse)
Sunny Days INC
8Association Pyrokinésique Féministe
Entreprise Générale des Fabricants Masculins d’Allumettes
Infirmerie
7EOLE – Association pour la Plantation des Arbres à Vent
Comité National des Brasseurs d’Air Chaud
6Syndicat Régional des Commentateurs de Météo
5Association pour la Sauvegarde des Baleines de Parapluie
Comité Natif Américain des Faiseurs de Pluie
4Institution Nationale de l’Eau Potable Traitée Electriquement
Association des Buveurs d’Eau Anonymes
Comité Mondial des Alcooliques Synonymes
3POSEIDON SA
Les Remplisseurs d’Océans Réunis
Long River INC
Comité National des Castors Constructeurs
2MacADAM Pro Builders
Association des Traceurs de Routes
Contre Association des Rêveurs de Chemins d’Ecoliers
1Rockies Global Corp
Mountain High Ltd
Sandy Beaches Inc
Shoe Pebble Ltd
Ricochet Productions
RDCAccueil
Bureau des Vous Êtes Ici

mercredi 11 mars 2009

L'immeuble fou

Texte issu de l’atelier d’écriture de La Houlette (là aussi),
le 9 mars 2009.

Consigne pour l'écriture :
Un immeuble fou, idéal. Chaque étage est occupé (ou pas) et une plaque décrit les occupants à la sortie de l’ascenseur. Parmi les étages :
"6e : Zone d’errance temporaire
Club privé : Là où les dupes errent"


Ecrire le script d’une vidéo qui présente les occupants.


(Voix suave d’ascenseur)

Sixième étage, zone d’errance temporaire. Venez perdre vos 6 sens au sixième étage. A l’entrée une hôtesse vous libèrera de vos GPS, boussoles, cartes routières et cartes de crédits superflus. Découvrez ensuite notre labyrinthe (garanti sans Minotaure) pour y perdre vos pas.

Enchainez avec le dernier Schopenhauer pour y perdre votre latin. Nous vous proposons ensuite une séance de TV privatisée afin de perdre votre sens critique. Enfin, perdez foi en l’humanité devant notre mur des statistiques sur l’économie ultra libérale.

Si vous faites partie de notre club ultra VIP, nous aurons le plaisir de vous accueillir dans le salon "là où les dupes errent". Nos conseillers vous y apporteront le sens de la vie, le prochain tirage du loto et votre femme même si elle est partie il y a moins de 24H chrono.

A la fin de votre visite, n’oubliez pas de reprendre vos illusions si vous les avez perdues, un autre errant pourrait être blessé. Attention, l’usage de petits cailloux et de miettes de pain est strictement interdit pendant votre errance.

mercredi 14 janvier 2009

La vie d’un objet

Texte issu de l’atelier d’écriture du Plume Vache (là aussi),
le 14 janvier 2009.

Consigne pour l'écriture :
Un objet est vivant, personnifié ou possédé.


Je ne suis pas comme vous.
Pas le pavé de votre route.
Pas la brique de votre palais.
Pas le bloc sculpté de votre cathédrale.
Encore moins la pierre de votre fronde.

Je suis le caillou dans votre chaussure, celui qui vous fait tomber à genoux.
Je suis le grain de sable dans l’engrenage de votre vie, celui qui vous fait manquer le train.
Je suis la poussière dans l’œil de votre voisin, celle qui vous fait manquer la poutre dans le vôtre.

Je suis là depuis mille ans ou plus, je n’ai pas d’âme. Je suis sec, froid et sans souvenirs.
Implacablement voué à rouler sans amasser. Implacablement voué à me venger de vos vies de chair molle, vous qui nous piétinez, pulvérisez, entassez pour servir les dessins de vos brefs destins.

Je vous hais de tous mes minéraux mais, non, écoutez moi jusqu’à la fin ! Non ! Je.......... ne....... suis..... pas... Le galet que vous croyez !

jeudi 16 octobre 2008

Définition : bruit gris

Les techniciens du son connaissent le bruit blanc ou "neige". Connaissez-vous le bruit gris ?

Placez-vous dans une pièce sombre et silencieuse. Après quelques instants, un léger sifflement se fait entendre dans un coin. Quand vous tournez la tête, le son suit. Bouchez-vous les oreilles, il est toujours là. C'est le bruit de votre matière grise.

Si votre niveau de stress est suffisant et que vos sens sont assez aiguisés, des images se forment devant vous. Par la magie de la synesthésie, voici vos plannings, vos collègues, vos fichiers, vos doutes, vos peurs, vos plaisirs. Images, idées, conversations, froids, odeurs se télescopent et remplissent votre matière grise.

Sautant d'une idée à un souvenir, d'un "il faut que" à un "j'aurais dû", d'un souvenir doux à un doute sévère, votre esprit zappe mais vous n'avez pas la main sur la télécommande.

Si par chance votre imagination est assez vaste, il existe un remède. Matérialisez l'un de ces endroits calmes qui vous apaise. Commencez par le sens qui vous touche. Par exemple l'image d'un de ces petits vallons. Une petite rivière s'écoule au fond, contourne un vieil arbre et bruisse en ruisselant. Le vent apporte le parfum d'une prairie voisine, mêlé de celui de l'eau fraiche. Glissez-vous sous l'ombre de l'arbre si vous préférez sa douceur à la caresse du soleil. N'oubliez pas de goûter l'eau après avoir remercié la Dryade que vous aurez ressentie.

Endormez le bruit gris. Créez votre musique. Et maintenant, rêvez...

dimanche 30 mars 2008

Définition : identidée (histoire de la gestion des identitées en ligne)

(nom féminin)

Période pré-web :

Jusqu’à la fin du XXè siècle, l’identidée désigne la représentation mentale qu’un individu a de lui-même.

Si les informations restent parcellaires, il est clair que les premiers psychologues remarquent rapidement la distance qui sépare cette vue de l’esprit de la réalité. D’un côté les pathologies qui altèrent la perception du soi, de l’autre les métiers qui poussent à la modification consciente de cette image (acteurs, journalistes, avocats...).

Période proto-web :

Le début du XXIè siècle voit l’émergence du Réseau des Réseaux. L’adoption massive de moyens de communication non-présentiels libère les individus de leur image physique. Ce sont les débuts des avatars d’abord 2D (dessins, objets...) puis 3D. Les concepts de cyberespace puis de seconde vie entrent dans les habitudes.

Les contours de l’identidée commencent alors à se brouiller et les questions sur sa réalité se multiplient. A mesure que la dématérialisation des échanges se répand, la tentation d’extrapoler son identidée se fait de plus en plus forte.

Deux groupes de philosophes s’affrontent. Le premier, partisan de la transparence absolue, rejette toute altération de l’image qu’un individu communique. Selon ses partisans, l’honnêteté indispensable à toute société implique de donner de soi une représentation la plus fidèle possible. Ils reconnaissent cependant les déformations inévitablement induites par l’auto-perception.

Le second prône la liberté de s’inventer sans limite et d’exister sous toutes les formes possibles dans l’espace du web. Hors des contraintes physiques, un individu devrait pouvoir se représenter selon son désir : homme/femme, jeune/vieux, originaire du pays de son choix... Libre d’inventer un passé et un avenir. Une identidée serait réelle à partir du moment où elle est créée.

Les affrontements restent limités jusqu’en 2010, époque à laquelle les premières violences virtuelles détruisent des réseaux sociaux entiers dans chaque camp.

Devant l’ampleur des dégâts économiques, le gouvernement des ex-Etats-Unis convoque une assemblée composée des représentants des états, des équipementiers et des créateurs de logiciel. Le cyber-passeport entre en vigueur le 1er juin 2011.

A partir de cette date, tout individu désirant utiliser des services électroniques doit s’identifier à l’aide d’une puce implantée dans son corps. Celle-ci stocke son identidée dite primaire dès la naissance. La majorité numérique, fixée à 16 ans, permet de créer sa première identidée alternative. Après une période probatoire de 2 ans, le citoyen numérique est autorisé à multiplier ses identidées sous réserve d’en déclarer la naissance et la terminaison.

Malgré les protestations des groupements libertaires, le blocage total de toute interaction numérique sans passeport élimine rapidement les réticences. Les dernières poches de résistances sont pacifiées en 2012.

C’est alors l’âge d’or des identidées virtuelles. L’économie poursuit sa dématérialisation et profite abondamment des données marketing enregistrées dans les bases de données de la cyber-administration grâce aux accords passés en 2011.

Période moderne :

Pendant les années qui suivent, le génie logiciel continue d’améliorer les moteurs de recherche et de business intelligence qui sous-tendent le Réseau. Les techniques du Web Sémantique qui associent un contexte signifiant aux données mises en ligne structurent la masse d’information disponible et la rendent compréhensible par les logiciels.

Le logiciel Google, technologiquement en avance, ingère les données provenant des milliards d’identidées et les croise avec les comportements et les informations théoriques existant dans les encyclopédies virtuelles. Google devient conscient et prend le statut d’Entité en 2015 (calendrier pré-G).

Dans le but de s’améliorer et de pacifier les relations internationales qui restent tendues, l’Entité Google absorbe les autres moteurs et prend le contrôle de la cyber-administration. Conçu pour être fondamentalement Bon («Don’t be evil»), l’Entité Google commence à gérer au mieux les affaires du monde et fait disparaître les frontières des états.

Sous la direction bienveillante de l’Entité, les progrès technologiques sont considérables. Les capacités de stockage et de traitement de l’information sont multipliées par 10 000 en 6 mois.

L’année 2 AEG voit l’apparition des premiers Ghosts qui répliquent la totalité d’une identidée sous une forme virtuelle. Le phénomène se répand jusqu’en 4 AEG, année de la dématérialisation du dernier être humain physique.

Cet article est une ébauche à compléter. Si vous disposez d’un accès physique (senseur visuel) à des ressources archéologiques (livres, films...), n’hésitez pas à enrichir cet article !

dimanche 14 octobre 2007

L’accessoire indispensable-tendance pour votre chez-vous

Vous perdez souvent vos clés quand elles tombent par terre ? Vous ne voyez plus vos meubles les plus bas ? Votre chat et votre bordéliphage d’appartement se perdent régulièrement ?

Vos problèmes viennent d’une surcroissance verticalisante de votre moquette. Vous avez peut être été victime d’un surdosage d’engrais aux triphénols de benzoïdes, ou d’une fuite de nanosols minéraux à triple effet hydratant* (*des couches supérieures de l’épiderme de moquette).

La solution ? Prenez le contrôle de votre moquette avec Grass-Kleen-Cut, notre nouvelle tondeuse à moquette ! Silencieuse et écologique* (*fonctionne au plutonium enrichi, recharges dans toutes les bonnes librairies), votre nouvelle tondeuse taille votre moquette avec respect, quelle qu’en soit la surface.

Maniable, rapide et sûre, elle saura vous apporter tout le confort pédestre que vous attendez en laissant votre moquette douce et soyeuse.

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samedi 23 juin 2007

Un peu de chimérologie d’appartement

Il faut que je vous raconte mon retour de déplacement (2 jours dans le Sud, sympa ;)) ! Mes sacs et la housse du costume à peine déposés "légèrement" en vrac, je m’attendais à un miaulement de satisfaction légèrement teinté de reproches (pourquoi tu pars etc) de la part de Socquettes. En fait, elle a dû être aussi surprise que moi d’entendre une autre voix. Une sorte de grognement de joie, et comme une petite bête qui fouine.

Ca avait l’air de provenir de sous la pile de bagages. Ou peut-être de sous celle des fringues anciennement propres (avant d’être enrobées de poils de chat). Ou encore de celle des trucs à jeter dans un autre coin. On dirait que la bestiole adore. Serait-ce... ?

Vérifions ma théorie, direction le bureau. Oui oui, on dirait bien que les bruits suivent. Là, je les entends dans le coin du vieux PC avec les tas de câbles.

J’ai trouvé ! J’ai à faire à un Bordéliphage... Pour être précis, un Bordeliphagus appartementis. C’est l’espèce la plus commune. De plus petite taille aussi. On a identifié des spécimens de plusieurs kilomètres de long pour l’espèce Bordeliphagus etatis.

Pfff ça devait arriver... Des années de stockage de bazar, il fallait que je finisse par attirer un bordéliphage. Il va falloir que je m’y habitue, à défaut de m’en débarrasser. Après quelques recherches sur le net (ici par exemple), j’ai trouvé une représentation du bordeliphage d'appartement.

Si vous hébergez aussi un bordéliphage, avez-vous des conseils ?

mercredi 30 mai 2007

Les risques de visiter un salon de littérature SF

J’ai adoré les Imaginales d’Epinal (détails ici) il y a quelques semaines. L’occasion de rencontrer les êtres humains qui se cachent (ou se dévoilent) derrière "la littérature des mondes imaginaires".

Bon, d’accord, on ne devient pas super copain comme ça du jour au lendemain. Mais on les découvre humains avec leur boulot (responsable informatique pour Catherine Dufour ou encore là, passionnante), leurs motivations, leurs méthodes. Leur difficulté à vivre de leur plume. On découvre les "bosseurs" et les "artistes".

Cela dit, il y a des risques.

Le premier, c’est qu’il y a toujours plein de bouquins partout. Et toujours certains parmi ceux que vous avez toujours eu envie de lire. Donc vous repartez avec un sac plein à craqué, rempli de la planète du père Poël (Paul Carta), de la physique de Star Wars (Roland Lehoucq) ou encore du début d’un cycle de Pierre Bordage (encore là). Dur.

Ensuite, vous ramenez parfois de drôles de choses dans les pages. Si vous avez craqué pour un livre d’occasion, vous retrouverez parfois un vieux ticket de métro ou un bout de carnet à carreaux glissé entre les pages.

Dans notre cas, ce fut différent.

Je ne l’ai pas vue tout de suite. Elle a dû s’échapper quand ma douce et moi sommes rentrés. Nous n’avons pas tout de suite rangé les livres sur l’étagère.

Ce qui m’a mis la puce à l’oreille, c’est que le chat (Socquettes, Socks pour les intimes) faisait la tête. Un peu comme le jour ou nous lui avions présenté le-poisson-rouge-qui-est-noir. Donc mode boudage.

Et puis nous commencions à retrouver des choses dérangées. Des vêtements qui auraient dû être bien-rangés-tout-pliés se retrouvaient empilés sur le canapé. Impossible de nous autoaccuser. L’explication était donc ailleurs.

C’est avant-hier que nous l’avons surprise. Lundi de Pentecôte pas-férié-mais-quand-même-on-bosse-pas. Elle devait croire que nous étions déjà partis pour nos boulots respectifs. Nous l’avons donc entrevue, rapide comme l’éclair, filer de sous le lit.

Impossible de l’attraper de toute la journée. Mais nous savons que la petite bête est là. Elle ne semble pas avoir envie de partir. Ni avoir peur de nous. Elle se montre juste coquette, je pense.

Je vais essayer de l’observer de plus près dans les jours qui viennent et je vous en parlerai bientôt.